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Une ferme souterraine en plein Paris

Une start-up a investi un ancien parking pour cultiver endives, champignons et jeunes pousses
Innovation Pour visiter une exploitation agricole, le lieu de rendez-vous est pour le moins insolite: de hautes barres d’immeubles, le bruit du trafic, pas le moindre champ ni aucune serre à l’horizon. C’est pourtant bien ici, dans le quartier de la Chapelle, au nord de Paris, qu’un nouveau projet d’agriculture urbaine ambitieux a vu le jour. En sous-sol: la start-up Cycloponics a installé ses cultures bio dans un parking désaffecté.
La Caverne, c’est ainsi que se nomme le lieu, a été récemment inaugurée en présence de la maire de Paris Anne Hidalgo. En 2016, la ville s’est engagée à végétaliser 100 hectares de toits, murs et façades et à développer l’agriculture urbaine. C’est d’ailleurs après un appel à projets de la municipalité que Cycloponics a pu disposer du site de 8000 m2.
Théo Champagnat, ingénieur agronome et cofondateur de Cycloponics, emprunte la rampe d’accès, tout en répondant à son téléphone qui ne cesse de sonner. Niveau –2. Une table de ping-pong, des vélos et un canapé trônent à l’entrée de La Caverne. Avec son marquage au sol et ses numéros au mur, le lieu ne s’est pas encore totalement départi de ses oripeaux d’antan, mais les flaques de boue et les effluves terreux ne trompent pas.
Une tonne d’endives
«Produire au plus près des consommateurs constitue le socle de notre démarche, souligne Théo Champagnat, en s’engageant dans le long couloir central où sont alignés des blocs de substrat. En Europe, environ 70% de la population vit en milieu urbain. Or les habitants des villes veulent du local, du bio et renouer le contact avec les agriculteurs. Nous tenions par ailleurs à ce que le projet ait un sens écologique et économique.»
Après quelques mois d’existence, La Caverne affiche une production d’une tonne d’endives par semaine, un légume qui a la particularité de pousser dans le noir. Côté champignons, éclairés par des lampes LED peu gourmandes en énergie, le volume hebdomadaire est actuellement de 300 kg de pleurotes et de shiitakés. Plus marginale, la culture de micropousses (cresson, radis, moutarde…) atteint 200 barquettes par semaine. «Nous sommes à 25% de notre potentiel», indique Théo Champagnat, qui précise que La Caverne arrive à l’équilibre et devrait être rentable d’ici à l’été. Les produits, tous certifiés bio, sont écoulés dans les magasins et épiceries de la capitale. Le prix de vente est similaire à celui des autres denrées bio du même type, «peut- être un chouia plus cher».
Emplois pour les voisins
La Caverne comporte aussi une dimension sociale. Des ventes en direct aux habitants du quartier à des tarifs préférentiels ont lieu deux fois par mois. Le volet social se manifeste également dans la composition de l’équipe. Sur la dizaine d’employés, cinq habitent les HLM du voisinage. C’est le cas de Btissam, qui s’affaire du côté des pleurotes. La jeune femme élève seule ses deux garçons. Faute de trouver une activité compatible avec sa vie de famille, l’ancienne assistante commerciale, qui a par la suite travaillé dans le domaine de la petite enfance, était au chômage depuis deux ans lorsqu’elle a entendu parler de La Caverne par le gardien de son immeuble. Aujourd’hui, elle est responsable de culture. «Au niveau des horaires, c’est le rêve, s’enthousiasme-t-elle. Et puis j’aime avoir une activité physique.»
Et les clients, ne craignent-ils pas de se nourrir de légumes qui ont poussé au deuxième sous-sol d’un parking? «Evidemment, il y a des réticences», concède Théo Champagnat. Mais les jeunes agriculteurs sont «blindés». Une vérification minutieuse de la qualité de l’air et de l’absence d’amiante a eu lieu avant l’emménagement. Les lieux ont été nettoyés, désinfectés et repeints. Et la production fait l’objet de tests en laboratoire tous les six mois.
Moins de voitures
Remplacer les véhicules par des légumes. Le projet suscite un intérêt marqué. A Paris, le nombre de voitures baisse. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques français, le taux d’équipement automobile des ménages est passé de 47,1% en 2006 à 36,8% en 2014. Résultat, les parkings se retrouvent de plus en plus souvent sous-occupés ou désaffectés, attirant squatteurs et activités illicites. Confrontés à ces problèmes, les propriétaires sont à la recherche de nouvelles solutions.
Pour Théo Champagnat, les nombreux abris délaissés par les voitures sont autant de «cathédrales souterraines» dont le potentiel peut être développé. Cycloponics ne cache d’ailleurs pas ses ambitions. L’entreprise, déjà présente à Strasbourg, dans un ancien bunker, prépare l’ouverture de deux nouveaux sites à Lyon et Bordeaux. Elle souhaite aussi se développer hors des frontières françaises. Dans sa ligne de mire, l’Allemagne, la Belgique, mais aussi la Suisse, où elle est à la recherche de partenaires. «Nous pensons qu’il y a un grand potentiel en Suisse, avec de nombreux lieux intéressants. Nous avons déjà des contacts à Genève et à Lausanne et sommes maintenant à la recherche de porteurs de projets qui seraient en mesure de gérer une exploitation.» Qui sait? La prochaine ferme de Cycloponics germera peut- être dans un souterrain romand.
Source La Liberté
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Les idéologues du capitalisme décadent - La banqueroute des économistes bourgeois de gauche - Par Joseph Seymour et Bruce André (2 - 2) Janvier 2018

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La structure de l’étude historique de la croissance de l’économie américaine qu’a faite Gordon se base sur le concept de trois révolutions industrielles successives. La première (la RI n° 1) découlait d’inventions survenues entre 1770 et 1820, principalement la machine à vapeur et ses retombées – le chemin de fer, le bateau à vapeur et le passage du bois au fer et à l’acier. La deuxième (la RI n° 2) découlait de techniques développées à la fin du XIXe siècle, notamment l’électricité et le moteur à combustion interne. La troisième (la RI n° 3), qui a commencé dans les années 1960, était centrée sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC), comme les ordinateurs et les smartphones.
Pour Gordon, la cause fondamentale du ralentissement de la croissance de l’économie américaine ces dernières décennies a été l’atténuation des effets de la deuxième révolution industrielle et la puissance insuffisante de la troisième :
« La diminution de près de moitié de l’augmentation de la productivité reflète l’essoufflement de la stimulation de la production engendrée par les grandes inventions de la RI n° 2. Celle qui lui a succédé, la RI n° 3 orientée vers les TIC, a été suffisamment puissante pour provoquer un redressement tendanciel de la croissance de la productivité, qui a atteint en moyenne 2,05 % pendant la décennie 1995-2004. Mais la capacité des innovations liées aux TIC à stimuler la croissance de la productivité s’est essoufflée après 2004. »
Gordon ne considère jamais la possibilité que certaines innovations techniquement progressistes pourraient ne pas être transformées en marchandises commercialisées massivement parce qu’il n’est pas rentable de le faire. Nous reviendrons plus loin sur son insistance que l’informatisation et les nouvelles technologies numériques en général ne pourront pas à l’avenir augmenter la productivité du travail de façon significative. En fait, il soutient que ces technologies ont pour l’essentiel épuisé leur potentiel.
Examinons pour le moment le postulat implicite de Gordon que toutes les nouvelles marchandises commercialisées massivement étaient plus efficaces que celles qu’elles ont remplacées, et qu’elles ont augmenté le niveau de vie de la population. En particulier, intéressons-nous au remplacement partiel du tramway, du métro et du train surélevé électrifiés par l’automobile, un processus qui a démarré entre 1910 et 1930. Gordon analyse de façon détaillée cette transition d’un moyen de transport des personnes à un autre. Mais il n’essaie pas de comparer leur efficacité technico-économique. Les métros et les trains surélevés électrifiés dépensaient-ils plus ou moins de ressources économiques par passager-kilomètre que des Ford T ? Et si la réponse est moins, où est donc l’avantage de l’automobile ?
Gordon reconnaît que le développement de l’automobile n’a pas simplement été le résultat du fonctionnement du capitalisme de « libre marché ». La politique gouvernementale a été un facteur causal très important :
« Le gouvernement avait pour politique d’encourager l’étalement urbain, sapant la viabilité financière des transports urbains et des trains de voyageurs. Avant même la Deuxième Guerre mondiale, les politiques publiques étaient biaisées en faveur de l’automobile, avec la construction de rues et d’autoroutes sur fonds publics tandis que les transports urbains et les transports ferroviaires interurbains devaient fonctionner comme des sociétés privées autosuffisantes. Au début, on construisit beaucoup de routes en émettant des obligations dont les intérêts étaient remboursés par les impôts fonciers locaux, de sorte que le propriétaire d’une voiture et l’usager des transports publics payaient la même chose pour construire un système routier qui rendait la voiture toujours plus attractive par rapport aux transports collectifs. »
Toutefois, Gordon ne se prononce pas sur la question de savoir si la politique gouvernementale favorisant les déplacements en voiture aux dépens des transports publics de masse était rationnelle économiquement et bénéfique socialement. Et il n’explique pas non plus pourquoi les autorités nationales et locales ont mené cette politique en faveur de la voiture. La réponse, bien sûr, tient principalement à la course au profit des capitalistes : les politiciens bourgeois impliqués étaient liés aux propriétaires des grandes entreprises automobiles, comme Henry Ford et Alfred P. Sloan (le PDG de General Motors), ainsi qu’aux industries du caoutchouc et du pétrole qui fabriquaient les pneumatiques et l’essence.
Lutte de classe et réduction du temps de travail
Gordon déclare que son livre « n’étudie pas seulement le niveau de vie du point de vue du consommateur ; il examine aussi la qualité des conditions de travail, tant à la maison qu’à l’extérieur ». Gordon s’en tient à son thème principal : la population américaine a connu pendant la première moitié du XXe siècle une amélioration qualitative de ses conditions de vie quotidiennes. Il cite la réduction de la semaine de travail, qui est passée de 60 heures au début du XXe siècle à 41 heures en 1950. Mais sa vision du monde de bourgeois de gauche l’aveugle : il passe à côté à la fois de la cause fondamentale de ce changement majeur dans la vie des travailleurs et des limitations inhérentes de son impact sur leur qualité de vie.
Selon Gordon, la réduction moyenne de la semaine de travail résultait d’un intérêt partagé entre les propriétaires des entreprises et leurs ouvriers – que la main-d’œuvre soit bien reposée et en bonne santé. Il écrit :
« Les interprétations de la tendance à la réduction du temps de travail se focalisent sur l’opinion largement partagée, à la fois du côté des dirigeants des entreprises et de celui des syndicats, que cette réduction améliorerait les performances des travailleurs et ferait augmenter la production. Une augmentation de la productivité et des salaires rendait possible une réduction progressive du temps de travail, car les semaines de 60 ou 72 heures avaient créé une classe ouvrière masculine complètement épuisée. »
A l’appui de cette analyse, Gordon invoque la législation adoptée pendant l’« Ere progressiste » [1897-1920] et le New Deal des années 1930.
En fait, la semaine de 40 heures a été arrachée par des décennies de batailles de classe féroces et souvent sanglantes menées par le mouvement ouvrier. L’agitation pour la journée de huit heures et pour les syndicats menée par la classe ouvrière industrielle naissante conduisit à la grande grève des chemins de fer de 1877, qui fut brutalement réprimée par l’armée. Lors du massacre de Haymarket, en 1886, la police de Chicago attaqua les ouvriers qui manifestaient pour la journée de huit heures et arrêta huit militants syndicaux anarchistes qui furent ensuite emprisonnés ou exécutés après un procès truqué. Lors de la grève dite des Petites Aciéries en 1937, dont l’une des revendications était la semaine de 40 heures, la police assassina dix ouvriers devant les grilles de l’usine Republic Steel, dans le Sud de Chicago – une tuerie qui est passée dans l’histoire sous le nom du « massacre de Memorial Day » [journée en l’honneur des soldats américains morts au combat].
Aujourd’hui ont passé plusieurs décennies de guerre de classe unilatérale, menée par la bourgeoisie, et de reculades d’une bureaucratie syndicale bornée. La semaine de 40 heures a été progressivement grignotée. Le temps de travail hebdomadaire moyen pour les salariés américains à plein temps est aujourd’hui d’environ 47 heures, près d’une journée de travail supplémentaire de huit heures par semaine. Environ un salarié à plein temps sur cinq travaille 60 heures ou plus par semaine, alors que des millions de travailleurs sont au chômage ou obligés de travailler à temps partiel.
Les travailleurs doivent lutter pour une diminution de la semaine de travail sans perte de salaire, en liant le combat pour des conditions de travail décentes à la lutte pour un emploi pour tous. Une semaine de travail de 30 heures, payées 40, et le partage du travail disponible entre toutes les mains, serait un grand pas pour résoudre à la fois le chômage et les graves problèmes de sécurité dus à la fatigue et au manque de personnel.
Les capitalistes objecteront bien sûr que de telles revendications ne sont pas réalistes – du moins, s’ils doivent préserver leur indécente richesse. De fait, les besoins vitaux de la classe ouvrière se heurtent à l’incapacité du système capitaliste à les satisfaire. La lutte des travailleurs est nécessaire pour obtenir une part un peu plus grande de la richesse sociale contre une classe dirigeante capitaliste déterminée à maximiser ses profits. Mais cela n’apportera pas la solution. L’objectif doit être une société d’un genre complètement différent, une Amérique ouvrière où les richesses productives auront été arrachées des mains de l’infime minorité que représente l’élite capitaliste et mises à la disposition de l’immense majorité de la population. Pour construire une telle société, il faudra que la classe ouvrière, sous la direction d’un parti révolutionnaire, renverse le pouvoir de la classe capitaliste par une révolution socialiste et instaure un gouvernement ouvrier.
Travail et qualité de vie
Comme les batailles de classe qui ont arraché la semaine de 40 heures, l’érosion continue de cet acquis syndical historique depuis la fin des années 1970 est pour Gordon un livre fermé de sept sceaux. Pourtant, même si l’on accepte sa focalisation sur la première moitié du XXe siècle, quand la semaine de travail est passée de 60 à 40 heures, cet acquis représentait en fait quelque chose de moins qu’un changement qualitatif dans la vie des travailleurs américains. Même si Gordon déplore la montée des inégalités de revenus aux Etats-Unis ces dernières décennies, il ne traite pas et ne reconnaît même pas une inégalité plus fondamentale dans toutes les sociétés capitalistes à toutes les époques : celle entre, d’une part, l’immense majorité de ceux qui doivent accomplir ce que Marx appelait du « travail aliéné » pour obtenir les moyens de subsistance nécessaires à eux-mêmes et à leur famille, et, d’autre part, les quelques privilégiés qui peuvent se consacrer à un travail créatif et gratifiant.
Dans la préface de The Rise and Fall of American Growth, Gordon raconte que son intérêt pour les variations des taux de croissance économique et de la productivité du travail tout au long de l’histoire américaine remonte aux années où il était étudiant en économie au Massachusetts Institute of Technology au milieu des années 1960. Les recherches qu’il a menées pour écrire son livre ont été entreprises pour satisfaire sa curiosité intellectuelle, pas parce qu’il devait gagner sa vie. Mais très peu de gens peuvent s’offrir le luxe de travailler pour satisfaire leur curiosité intellectuelle ou exprimer leurs impulsions créatrices.
Voyons par exemple les employés des Presses universitaires de Princeton, qui ont transformé le manuscrit de Gordon en pages imprimées d’un livre. Certes, ils utilisent des techniques radicalement différentes de celles qu’employaient leurs prédécesseurs dans les années 1920, qui mettaient en page les livres des économistes éminents de l’époque comme Irving Fisher ou Wesley C. Mitchell. Et ils travaillent dans des locaux plus confortables. Pourtant, ils font le même type de travail pour les mêmes raisons personnelles : pour gagner leur vie.
En lisant le livre de Gordon, on pourrait conclure que la semaine de 40 heures et l’année de travail d’un peu plus de 11 mois comme aux Etats-Unis représentent le niveau le plus avancé que puisse atteindre la société pour ce qui est du temps de travail nécessaire fourni par ses membres. Mais dans une économie socialiste planifiée, il serait possible, grâce à une augmentation progressive et en forme de cercle vertueux de la productivité du travail, de réduire de façon radicale le temps de travail total nécessaire pour produire à la fois les moyens de production et les biens de consommation. En l’espace de seulement quelques générations, les gens ne travailleraient plus que, disons, 20 heures par semaine et six mois par an. Tout le monde aurait à la fois le temps disponible et l’accès aux ressources matérielles et culturelles nécessaires pour acquérir les connaissances scientifiques et techniques aujourd’hui réservées à une élite privilégiée. Il y a plus d’un siècle et demi de cela, Marx envisageait ainsi la société communiste de l’avenir :
« Le temps libre – qui est aussi bien temps de loisir que temps destiné à une activité supérieure – a naturellement transformé son possesseur en un sujet différent, et c’est en tant que tel qu’il entre alors dans le procès de production immédiat. Ce dernier est à la fois discipline, si on le considère dans la perspective de l’homme en devenir, et en même temps exercice pratique, science expérimentale, science matériellement créatrice et s’objectivant, dans la perspective de l’homme tel qu’il est au terme de ce devenir, dans le cerveau duquel existe le savoir accumulé de la société.
– Manuscrits de 1857-1858 (« Grundrisse »)
Dans la société communiste de l’avenir, il y aura une augmentation considérable du nombre de personnes capables de développer des innovations techniques, à la mesure des héros du passé célébrés par Gordon, comme Thomas Edison, Karl Benz (l’inventeur de l’automobile) ou Guglielmo Marconi (un des pionniers de la radio).
La Deuxième Guerre mondiale : un exemple de capitalisme d’Etat
Pour des marxistes, la partie la plus intéressante du livre de Gordon est son analyse du « grand bond en avant » de la productivité du travail qui a eu lieu pendant la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945) et qui s’est poursuivi pendant les deux premières décennies de l’après-guerre. Gordon écrit en conclusion : « La Deuxième Guerre mondiale a sauvé l’économie américaine d’une stagnation séculaire, et un scénario hypothétique de croissance économique après 1939 qui n’inclurait pas la guerre serait lamentable dans le meilleur des cas. » C’est le seul moment de l’histoire américaine contemporaine où le développement d’unités de production utilisant de nouvelles techniques plus avancées ne fut pas déterminé par les anticipations de profits des dirigeants des grandes entreprises et des financiers de Wall Street. Pour vaincre ses ennemis capitalistes-impérialistes, le gouvernement américain – le comité exécutif de la classe dirigeante américaine dans son ensemble – décida et finança un programme sans précédent de construction d’usines et d’infrastructures industrielles.
On peut lire dans un ouvrage de référence sur l’histoire économique de la Deuxième Guerre mondiale :
« La période qui va de 1940 à 1944 a connu une expansion de la production industrielle aux Etats-Unis plus importante que pendant n’importe quelle période précédente […]. Entre 1940 et 1944, la production totale de produits manufacturés a augmenté de 300 %, et celle de matières premières d’environ 60 % . On estime que les investissements dans des usines et des infrastructures nouvelles, dont beaucoup d’investissements directs réalisés par le gouvernement, ont accru la capacité productive de l’économie de quelque chose comme 50 % . »
– Alan S. Milward, War, Economy and Society 1939-1945 (1977)
Les usines et autres infrastructures productives financées par le gouvernement furent mises gratuitement à la disposition des capitalistes privés, ce qui leur permit d’accroître fortement leurs profits pendant et après la guerre. Gordon écrit à ce sujet : « Bien que les investissements privés aient stagné dans la période 1930-1945, les investissements en capital financés par le gouvernement ont fait un bond en avant durant ces quinze années. Particulièrement notable fut la création de nouvelles usines payées par le gouvernement mais gérées par des entreprises privées pour produire du matériel et des fournitures militaires. »
Franklin Roosevelt et les autres chefs politiques de l’Etat impérialiste américain (par exemple le ministre de la Guerre Henry L. Stimson et le ministre du Trésor Henry Morgenthau) connaissaient les rouages intimes des grandes entreprises industrielles et des banques. Leur expérience de première main leur avait appris qu’ils ne pouvaient pas compter sur les mécanismes normaux du marché capitaliste pour maximiser la production d’armements en un minimum de temps. On donna donc aux grands industriels comme Henry Ford et Henry Kaiser l’assurance de profits garantis, grâce à la méthode dite du « prix de revient majoré » pour fixer les prix d’achat par l’Etat. On achetait à leurs entreprises les cuirassés, les bombardiers, les tanks, etc., en leur payant un montant correspondant au prix de revient qu’elles déclaraient, plus une marge bénéficiaire supplémentaire. Sur toute la durée de la guerre, les profits après impôts des entreprises industrielles augmentèrent de 120 %.
Bien plus important de par ses effets économiques à long terme fut le financement direct par le gouvernement de la construction d’usines et autres infrastructures industrielles. Gordon souligne que le nombre de machines-outils (l’ingrédient essentiel d’une économie industrielle) doubla entre 1940 et 1945, et que « presque toutes ces nouvelles machines-outils furent financées par le gouvernement et non par des entreprises privées ». La gigantesque chaîne d’assemblage de bombardiers construite par Ford à Willow Run, dans le Michigan, fut financée par 1e gouvernement. Il en fut de même de grands oléoducs, toujours en service aujourd’hui, construits pour relier les champs pétroliers du Texas au nord-est des Etats-Unis. En outre, les principales technologies à la base de la « troisième révolution industrielle » de Gordon, à partir des années 1960, tiraient aussi leur origine des recherches de l’armée américaine pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le prototype des gros ordinateurs, l’ENIAC (Electronic Numerical Integrator and Computer), fut développé par des savants et des ingénieurs de l’université de Pennsylvanie employés par le ministère de la guerre.
Quand l’Etat capitaliste-impérialiste américain maximisait la production, la productivité du travail et l’innovation technologique, c’était pour semer la mort et la destruction chez d’autres peuples. La percée scientifique et technique peut-être la plus importante du XXe siècle, la maîtrise de l’énergie nucléaire, fut utilisée pour incinérer la population civile des villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki.
Gordon contre les « techno-optimistes »
Dans son livre, Gordon désigne comme son adversaire principal un courant intellectuel qu’il a baptisé les « techno-optimistes » – ceux qui prévoient que des techniques nouvelles, comme la robotique et l’intelligence artificielle, amèneront l’économie américaine à l’orée d’une vague de croissance économique. Comme Gordon, ces techno-optimistes (parmi lesquels Joel Mokyr, un de ses collègues à la Northwestern University, ainsi qu’Andrew McAfee et Erik Brynjolfsson au MIT) sont convaincus que c’est avant tout l’innovation technique qui détermine l’évolution de la société. Le désaccord porte sur deux questions très différentes. L’une concerne la sphère de la consommation immédiate, l’autre la sphère de la production dans l’avenir.
Gordon argumente que l’effet des nouvelles technologies de l’information et de la communication sur la qualité de la vie quotidienne a été relativement limité comparé aux innovations et inventions majeures de 1870 à 1970. Celles-ci vont de l’eau courante, de l’éclairage électrique et du chauffage central à l’automobile, aux avions et à la télévision :
« Il y a certes des innovations continuelles depuis 1970, mais elles ont un impact moindre qu’auparavant ; elles sont focalisées sur l’industrie du divertissement et les technologies de l’information et la communication (TIC) ; les avancées dans plusieurs dimensions du niveau de vie liées à l’alimentation, à l’habillement, à l’électroménager, au logement, aux transports, à la santé et aux conditions de travail sont moins rapides qu’avant 1970. »
A un autre niveau, la controverse entre Gordon et les techno-optimistes porte sur la « futurologie » : la plus ou moins grande probabilité que de nouvelles technologies avec un fort potentiel de transformation soient développées et adoptées à une large échelle dans un avenir proche. Des deux côtés, on considère implicitement que le capitalisme est le meilleur système pour encourager l’innovation technique. Des deux côtés, bien sûr, on écarte d’un revers de main la perspective d’une économie collectivisée et planifiée.
Mokyr a publié en 2014 un article intitulé « Le prochain âge des inventions : l’avenir de la technique est plus radieux que ne veulent l’admettre les pessimistes ». Il s’y enthousiasme pour les super-ordinateurs, l’impression 3-D, le génie génétique et autres merveilles. Il ne parle cependant nulle part de salaires, de coûts de production, de marchés ou de profits. Ces catégories fondamentales qui gouvernent la production capitaliste et les investissements dans les nouvelles technologies sont semblablement absentes de son article « Notre avenir économique est-il derrière nous ? » (29 novembre 2016), une brève polémique contre le dernier livre de Gordon. Au cas improbable où Mokyr serait nommé PDG d’Apple ou de General Electric, ces entreprises risqueraient la faillite. S’il suivait ses propres recommandations, Mokyr utiliserait les équipements les plus avancés et par conséquent les plus coûteux, sans se demander si cela augmenterait les coûts de production au-delà de ceux des entreprises concurrentes.
Dans son article de 2014, Mokyr avance un argument économique à l’appui du techno-optimisme : « Une deuxième raison pour laquelle le progrès technique se poursuivra à un rythme soutenu est liée à l’émergence d’un marché mondial concurrentiel, qui encouragera la dissémination des nouvelles technologies à partir de leur lieu d’origine vers de nouveaux utilisateurs qui ne souhaiteront pas rester en arrière. » En fait, l’expansion du commerce international et de l’exportation des capitaux ne constitue guère un encouragement sans ambiguïté au développement technique. A l’époque impérialiste, l’économie internationale se heurte aux mêmes Etats-nations sur lesquels les impérialistes basent leur pouvoir, et qui constituent un obstacle au développement des forces productives de l’humanité. La production en Europe, au Japon et à certains endroits en Asie utilise effectivement des méthodes modernes. Mais le fait qu’il existe un immense réservoir de main-d’œuvre bon marché disponible dans le sous-continent indien, en Extrême-Orient et en Amérique latine a tendance à inhiber les investissements dans des technologies permettant d’économiser la main-d’œuvre, que ce soit dans le tiers-monde ou dans les centres impérialistes.
Quand les entreprises industrielles américaines ou européennes transfèrent leurs activités industrielles dans des pays pauvres, elles ont souvent tendance à utiliser des méthodes de production avec une intensité capitalistique moindre. Prenons l’industrie de l’habillement. La technique existe pour pouvoir produire des vêtements dans des usines hautement automatisées à forte intensité capitalistique, mais les entreprises trouvent qu’il est meilleur marché d’employer des ouvriers dans des néocolonies opprimées comme le Bangladesh; ces ouvriers sont payés quelques cents pour coudre des vêtements dans des conditions de travail plus proches du XIXe que du XXIe siècle.
Dans les pays du « premier monde », les connaissances scientifiques et techniques actuelles ne sont pas non plus utilisées d’une façon rationnelle et bénéfique pour la société, et dans de nombreux cas elles sont délibérément employées de manière néfaste. Prenons la recherche médicale : d’importants moyens sont consacrés au traitement de la calvitie et des troubles de l’érection, tandis qu’on investit des sommes dérisoires dans de nouveaux médicaments et de nouveaux vaccins contre des maladies tropicales potentiellement mortelles.
Rien qu’aux Etats-Unis, environ 23 000 personnes meurent chaque année d’infections dues à des bactéries résistantes aux antibiotiques. Selon une étude financée par le gouvernement britannique, d’ici le milieu du XXIe siècle jusqu’à dix millions de personnes pourraient être tuées chaque année par des bactéries résistantes si l’on ne découvre pas de nouveaux traitements. Mais malgré ce besoin social urgent, la plupart des grandes sociétés pharmaceutiques internationales ont depuis longtemps arrêté le développement de nouveaux antibiotiques en invoquant des retours sur investissement insuffisants.
De même, environ 25 millions d’Américains souffrent de ce qu’on appelle des maladies rares, comme la maladie de Charcot, la mucoviscidose ou la drépanocytose, une maladie qui touche principalement les Noirs. Mais les investissements dans la recherche de traitements pour ce genre de maladies sont notoirement insuffisants, alors même que la recherche sur les maladies rares a souvent ouvert des voies prometteuses pour le traitement de maladies plus répandues. Le Centre pour le journalisme médical de l’université de Californie du Sud explique ainsi les réticences des sociétés pharmaceutiques : « La plupart des gens disent qu’investir dans le traitement des maladies rares – qui touchent des dizaines de milliers de personnes – n’est pas rationnel commercialement. »
Mokyr, McAfee, Brynjolfsson et compagnie, faisant fi des lois qui gouvernent le mode de production capitaliste, anticipent dans un avenir proche un bond qualitatif de la productivité grâce à l’utilisation de « techniques brillantes ». Gordon accepte implicitement les limitations du système capitaliste en niant la possibilité même d’un tel scénario. Concernant la robotique, il écrit : « L’augmentation exponentielle de la vitesse et de la mémoire des ordinateurs va bien plus vite que la capacité des robots à reproduire les mouvements humains. » Il n’avance aucun argument pour expliquer pourquoi ce fossé ne pourrait pas être dans une large mesure comblé par de futures avancées des connaissances scientifiques et techniques. Il n’étudie pas les ressources actuellement consacrées à la recherche en robotique.
La plus grande partie de la recherche scientifique universitaire est directement financée par le gouvernement fédéral, et la plus grande partie des financements fédéraux sont à visée militaire. Le budget américain a consacré 6,5 milliards de dollars en 2016 à la recherche-développement par l’intermédiaire de la National Science Foundation, tandis qu’à lui seul le budget de recherche-développement de l’Armée de l’Air américaine se montait à près de 27 milliards. La recherche en sciences physiques, y compris la robotique, vise comme objectif ultime (même si ce n’est pas à court terme) à construire de meilleurs drones et autres machines destinées à faire exploser des cibles et à tuer des gens pour défendre les intérêts de l’impérialisme capitaliste. Le financement de la recherche en mathématiques vise à mettre au point des algorithmes pour préserver les secrets et les agissements de l’Etat et à déchiffrer les secrets des autres. On estime que la National Security Agency est le plus grand employeur de mathématiciens aux Etats-Unis.
A tous les niveaux, malgré sa soif d’innovation technique, le capitalisme n’est pas l’allié du progrès scientifique mais son ennemi. Qu’il s’agisse des lois sur la propriété intellectuelle, des incitations perverses du marché ou des dizaines de milliards dépensés pour développer des armes plus efficaces, le capitalisme oriente la recherche en fonction des intérêts de la classe dirigeante et de son appareil d’Etat. Si les mêmes ressources étaient consacrées à faire avancer la connaissance humaine, à augmenter le bonheur humain et à donner à l’humanité la maîtrise de son destin, ce qui pourrait être réalisé est presque inimaginable. Il faudra pour cela renverser le système capitaliste-impérialiste par une série de révolutions prolétariennes et jeter ainsi les bases d’une économie socialiste planifiée à l’échelle mondiale. C’est pour diriger le prolétariat dans cette lutte que la Ligue communiste internationale se bat pour reforger la Quatrième Internationale, le parti mondial de la révolution socialiste.
http://www.icl-fi.org/francais/lebol/223/economistes.html
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La production pour le profit : anarchie et pillage - Capitalisme et réchauffement climatique (Part 2) (Mars 2016)

https://archive.is/5KYLY
Les ravages de l’impérialisme
Quels que soient véritablement les conséquences et le calendrier du réchauffement climatique, une chose est sûre : dans un monde dominé par le capitalisme impérialiste, ce sont essentiellement la classe ouvrière et les pauvres qui subiront les conséquences humaines les plus désastreuses – qu’il s’agisse de famines, de la désorganisation de la société ou de maladies. Les pays les moins développés, qui ont des infrastructures insuffisantes et de trop maigres ressources pour s’adapter aux nouvelles conditions climatiques, paieront un très lourd tribut. Le vrai coupable n’est pas tant le changement climatique que le système capitaliste mondial, qui impose aux pays semi-coloniaux des conditions inhumaines et prive leurs populations des moyens de défense les plus élémentaires, et pas seulement en temps de catastrophes.
L’impérialisme moderne, caractérisé par l’exportation de capitaux, s’est développé à la fin du XIXe siècle ; les frontières des Etats-nations s’avéraient trop étroites et confinées pour satisfaire les besoins des capitalistes en nouveaux marchés et en main-d’œuvre bon marché. Par le fer et par le sang, les pays avancés ont au fond partagé le monde en sphères d’exploitation en concurrence les unes avec les autres. Lénine a décrit ce processus dans l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916), un classique du marxisme. Chaque classe capitaliste cherchant à défendre ses intérêts aux dépens de ses rivales, les impérialistes se sont embarqués dans une série de conquêtes et de guerres coloniales, dont la Première Guerre mondiale et la Deuxième ont été les points culminants.
Les classes capitalistes d’Amérique du Nord, d’Europe et du Japon exploitent non seulement leur propre classe ouvrière mais aussi les masses opprimées d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, bloquant ainsi tout développement économique et social pour l’immense majorité de l’humanité. Les écologistes citent l’exemple du Sahel en Afrique sub-saharienne comme preuve de l’ampleur des conséquences du réchauffement climatique. Cette région, qui s’étend de l’océan Atlantique au Soudan, connaît depuis plus de quarante ans des sécheresses et des précipitations irrégulières. Il est vrai que la désertification rapide du Sahel, majoritairement peuplé d’éleveurs nomades et de paysans, a exacerbé la concurrence pour la terre entre les nombreux groupes ethniques de la région. Mais le fait que le Sahel s’enfonce dans la pauvreté, la famine et la misère est au fond un phénomène créé par l’homme : c’est une conséquence de la domination impérialiste.
En Afrique, une petite partie seulement des terres sont actuellement arables. Pour développer l’agriculture africaine, il faut construire des systèmes d’irrigation, assécher les marais et assainir les régions insalubres. Mais de telles mesures resteront impensables tant que le continent sera pris dans l’étau du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Le colonialisme a conduit l’Afrique dans une impasse en la forçant à spécialiser son agriculture dans les produits tropicaux destinés à l’exportation afin de pouvoir rembourser une dette usuraire (dette d’ailleurs accumulée dans une large mesure pour importer massivement des produits alimentaires). La destruction de l’Etat ouvrier bureaucratiquement déformé soviétique en 1991-1992 a considérablement aggravé la dévastation du continent africain. L’Union soviétique constituait en effet le principal contrepoids à l’impérialisme américain et elle fournissait une aide importante à divers régimes du tiers-monde.
Tant que durera le capitalisme, il continuera à provoquer des famines à grande échelle et autres fléaux, comme les épidémies de maladies évitables causées par le manque d’infrastructures sociales de base (égouts, alimentation en eau potable, etc.). Même si le réchauffement climatique produit par l’homme était stoppé d’une façon ou d’une autre sous le capitalisme, les déprédations impérialistes continueraient sans relâche. Ceci a notamment comme conséquence que des milliards de personnes resteraient vulnérables aux changements climatiques « naturels », aux fluctuations régionales des cycles saisonniers, aux « événements météorologiques extrêmes » comme les ouragans et autres catastrophes naturelles. Le tremblement de terre qui a touché Haïti en janvier 2010 en est l’illustration : le nombre de victimes – environ 250 000 personnes – est le résultat de l’oppression impérialiste à laquelle est soumis depuis plus d’un siècle ce pays extrêmement pauvre, une oppression qui l’a laissé complètement à la merci des effets du séisme. A Port-au-Prince, les bâtiments mal construits se sont tout simplement écroulés ; aujourd’hui environ 1 500 000 Haïtiens vivent toujours sous des tentes de fortune.
La lutte pour le renversement révolutionnaire de l’ordre capitaliste décadent est une question de survie pour l’humanité. Une petite preuve de la supériorité d’une économie collectivisée sur le système capitaliste de production pour le profit est la façon dont Cuba, un Etat ouvrier déformé, a su protéger sa population d’ouragans dévastateurs. Quatre ouragans ont frappé Haïti en 2008, faisant 800 morts. Deux de ces tempêtes ont également traversé Cuba, entraînant la mort de quatre personnes. Malgré la mauvaise gestion bureaucratique de l’économie et la relative pauvreté du pays – aggravée par plus de quarante ans d’embargo économique américain –, Cuba est connue pour l’efficacité avec laquelle sont évacués ses habitants lors de catastrophes naturelles de ce genre : le gouvernement diffuse rapidement des prévisions météorologiques, il éduque et mobilise la population et organise l’hébergement d’urgence, les moyens de transport, l’approvisionnement en produits alimentaires ainsi que l’assistance médicale.
Spéculation et protectionnisme
Même si beaucoup de militants radicaux écologistes se considèrent anticapitalistes, toutes les variantes de l’écologisme sont des expressions de l’idéologie bourgeoise – elles proposent des correctifs sans remettre en question la pénurie et la société de classe. Les « solutions » au réchauffement climatique préconisées par de nombreux écologistes se basent sur le marché et elles ont la faveur des gouvernements capitalistes un peu partout dans le monde. Leur pièce maîtresse est le système dit « de plafonnement et d’échange » (plafonnement des émissions et échange des droits d’émission), qui est appliqué aujourd’hui dans toutes les économies européennes. Ce programme fixe une limite généreuse à la quantité de gaz à effet de serre que les entreprises sont autorisées à émettre (« plafonnement »). Celles d’entre elles dont les émissions dépassent cette limite doivent acheter des crédits à celles qui émettent moins que leur niveau autorisé (« échange »). En fin de compte, c’est la classe ouvrière qui fait les frais de ce système, en premier lieu du fait des coûts plus élevés de l’énergie et des carburants. De même, si l’on instaurait une taxe carbone destinée à refléter le « coût social » des émissions sous forme de « prix », ce serait la classe ouvrière qui en supporterait le coût.
Les entreprises peuvent également éviter de réduire leurs émissions si elles investissent dans des mécanismes de « compensation » : des projets mis en place ailleurs, souvent dans des pays pauvres, et qui sont censés réduire la quantité de gaz à effet de serre présente dans l’atmosphère. Dans le cadre de l’un de ces projets, des familles rurales pauvres en Inde ont reçu des pompes à pédale pour irriguer leurs terres. Un autre projet encourage les Kenyans à utiliser des générateurs qui marchent au fumier. Des programmes de plantation d’arbres au Guatemala, en Equateur et en Ouganda ont perturbé les systèmes locaux d’approvisionnement en eau, obligeant ainsi des milliers de paysans à quitter leur terre sans avoir jamais reçu la compensation promise pour s’occuper des arbres. Les écologistes occidentaux peuvent peut-être « compenser » leur sentiment de culpabilité libérale de vivre une vie confortable en soutenant de tels programmes, mais dans le tiers-monde, le résultat final n’est autre qu’une paupérisation accrue des masses.
Le système « de plafonnement et d’échange » est devenu un nouveau terrain de spéculation. Certains fabricants de produits chimiques, comme la société DuPont, ont accru leur production d’un certain réfrigérant, le HFC-23 (un gaz à fort effet de serre), dans le but d’en incinérer un sous-produit de fabrication et de toucher ainsi une grosse somme en « compensation ». Le « marché carbone » promet aussi de devenir un nouveau terrain de jeu gigantesque pour les spéculateurs, les virtuoses du capital-risque et les banques d’affaires – un peu comme celui des créances hypothécaires qui a précipité l’implosion de l’économie mondiale. Plus de 130 milliards de dollars se sont échangés sur le marché mondial du carbone en 2009.
L’écologisme va aussi de pair avec le chauvinisme, ce qu’illustre le soutien des écologistes aux mesures de protectionnisme commercial. Si les principaux acteurs de la conférence de Copenhague étaient arrivés à un accord, cela aurait certainement eu comme conséquence un regain de protectionnisme. Comme l’a fait remarquer Michael Levi dans Foreign Affairs (septembre-octobre 2009) : « En dehors des sanctions commerciales et autres pénalités désagréables, le monde a peu d’options efficaces pour faire appliquer les engagements pris pour réduire les émissions. » En effet, la législation environnementale a longtemps servi de couverture pour imposer des droits de douane, une pratique bien établie dans les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Historiquement, le protectionnisme a provoqué en représaille des guerres commerciales, qui ont une fâcheuse tendance à se transformer en guerres tout court.
Le président de la Commission européenne a menacé en 2009 d’imposer une taxe sur les produits en provenance des Etats-Unis et d’autres pays non signataires du protocole de Kyoto, ceci afin de protéger les entreprises européennes. Aux Etats-Unis, la version du projet de loi présenté par le Parti démocrate à la Chambre des représentants pour instaurer un système « de compensation et d’échange » inclut une disposition qui prévoit une taxe sur les importations en provenance des pays qui n’auraient pas réduit leurs émissions d’ici 2020. L’industrie sidérurgique américaine appelle déjà à des sanctions contre les producteurs d’acier chinois si la Chine ne s’engage pas à réduire ses émissions de carbone. Emboîtant le pas aux aciéristes américains, les bureaucrates chauvins et anticommunistes du syndicat des ouvriers de la sidérurgie United Steelworkers ont porté plainte contre la Chine pour violation des règles de l’OMC parce qu’elle subventionne les exportations de panneaux solaires, d’éoliennes et autres équipements d’« énergie propre ». Le protectionnisme donne de la crédibilité à l’idée mensongère que dans chaque pays les travailleurs sont liés à leurs exploiteurs par des « intérêts nationaux » communs ; c’est du poison pour la solidarité internationale de la classe ouvrière.
Le protectionnisme visant les importations d’éthanol de canne à sucre en provenance du Brésil et d’autres pays fait aussi partie intégrante du plan du gouvernement Obama pour l’« indépendance énergétique » des Etats-Unis. En qualifiant la dépendance des Etats-Unis envers le pétrole du Proche-Orient de talon d’Achille de l’Amérique, Obama n’a laissé planer aucun doute sur le fait que l’« indépendance énergétique » est un cri de ralliement pour accroître la capacité de l’impérialisme américain à réaliser ses ambitions militaires et économiques dans le monde entier, grâce à la diversification de ses ressources énergétiques et une meilleure maîtrise de celles-ci.
Ce n’est pas par hasard que des groupes comme Greenpeace reprennent à leur compte le slogan de l’« indépendance énergétique ». Les principales organisations politiques écologistes, les partis « verts », sont des partis capitalistes de deuxième ordre hostiles au prolétariat. Aux Etats-Unis, les Verts jouent un rôle de groupe de pression libéral sur le Parti démocrate. Ce parti compte dans ses rangs des apôtres de l’écologisme comme Al Gore qui, à l’époque où il était vice-président sous Bill Clinton, a contribué à la mise en œuvre des sanctions pour affamer les Irakiens, ainsi qu’au bombardement de la Serbie. En Allemagne, les Verts ont participé à une coalition gouvernementale capitaliste avec le Parti social-démocrate de 1998 à 2005. Durant cette période, les écologistes allemands ont fait écho sur le thème de la « lutte contre la surpopulation » aux discours de l’extrême droite et à son racisme anti-immigrés. Joschka Fischer, ministre vert des Affaires étrangères, a déployé l’armée allemande en dehors des frontières (pour la première fois depuis le Troisième Reich de Hitler) pour participer aux guerres menées par les Etats-Unis contre la Serbie et l’Afghanistan.
La montée du capitalisme vert
L’écologisme n’est en aucune manière hostile à la production pour le profit. Comme le fait remarquer l’auteur d’un article du New York Times (21 avril 2010) intitulé « 40 ans après, la Journée de la Terre est une affaire de gros sous » : « L’hostilité aux entreprises était telle, au moment de la première édition de la Journée de la Terre en 1970, que les organisateurs n’avaient accepté aucune subvention de la part des grandes entreprises et qu’ils proposaient des séminaires pour “tenir tête aux chefs d’entreprise et de gouvernement dans les débats”. Quarante ans plus tard, la Journée de la Terre est devenue un événement marketing branché pour vendre tout un éventail de biens et de services, comme des fournitures de bureau, des yaourts grecs et des produits éco-dentaires. »
La rhétorique « écolo » n’a jamais été aussi présente qu’aujourd’hui dans les conseils d’administration des entreprises. En 2009, une légion de grandes entreprises avaient quitté la chambre de commerce américaine pour protester contre son déni total du réchauffement climatique. Cette attitude reflétait des intérêts divergents au sein de la bourgeoisie américaine. Plusieurs grandes entreprises ont décidé d’adopter une politique de « neutralité carbone », comme le géant de l’Internet Google, qui se flatte de construire des centres de données « éco-énergétiques » et d’investir dans des installations solaires et des parcs éoliens.
Lord Browne, ex-directeur général de British Petroleum (BP), avait contribué au milieu des années 1990 à lancer cette mode en faisant passer l’amélioration des rendements pour des réductions d’émissions et en faisant tout un battage là-dessus à coups de communiqués de presse. Aux Etats-Unis, les homologues de Browne injectaient des millions de dollars dans les caisses de la « Global Climate Coalition », l’un des groupes industriels les plus ouvertement opposés à la réduction des émissions. Browne au contraire flairait les subventions et les avantages fiscaux qui allaient découler du consensus occidental naissant selon lequel les émissions de carbone étaient un problème. Il rebaptisa son entreprise « Beyond Petroleum », créa un nouveau logo « écolo » et entreprit de faire du producteur régional qu’était BP une compagnie pétrolière mondiale engagée aussi dans les énergies « alternatives ». Pendant ce temps, BP réduisait les coûts en utilisant des matériaux de construction bon marché et rognait sur les dispositifs de sécurité des plates-formes pétrolières, préparant ainsi le terrain pour de nombreux « accidents », comme l’explosion d’avril 2010 qui causa la mort de onze travailleurs et le déversement de millions de barils de pétrole dans le golfe du Mexique (voir « Désastre dans le golfe : la course au profit capitaliste tue », Workers Vanguard n° 961, 2 juillet 2010).
Même si les écologistes libéraux et les réformistes de l’ISO montrent BP du doigt parce que ce dernier cherche à « écoblanchir » son exploitation des combustibles fossiles, le fait est que Browne a été l’un des instigateurs du mouvement pour le « passage au vert ». L’attention médiatique qui a entouré le calculateur de consommation énergétique que BP avait posté en 2005 sur son site internet a contribué à populariser l’idée que chaque individu devait réduire son « empreinte carbone ». L’année suivante, Al Gore prescrivait dans son documentaire Une vérité qui dérange l’abandon de certaines habitudes de vie prétendument gaspilleuses : les gens devaient consommer moins, utiliser moins d’eau chaude, remplacer leurs ampoules à incandescence par des lampes fluo-compactes et gonfler correctement leurs pneus de voiture. L’Economist de Londres (31 mai 2007), porte-parole du capital financier, faisait remarquer sarcastiquement que « les choix économiques individuels ne feront pas l’ombre d’une différence pour l’avenir de la planète. On ne sauvera pas les ours polaires en éteignant les lumières. » Les sermons d’Al Gore sur la réduction de la consommation ne l’empêchent pas de profiter de sa somptueuse villa de Nashville ou de son jet privé.
« Faire plus avec moins » n’est pas franchement une option pour les ouvriers au chômage dans les friches industrielles de Detroit, ou pour les populations qui vivent entassées dans les bidonvilles de Calcutta. Les entreprises qui deviennent « neutres en carbone » n’amélioreront pas les conditions de travail sur les chaînes de montage, où les ouvriers risquent de perdre un membre ou même la vie parce que les patrons décident d’augmenter les cadences pour extraire un maximum de profit. Le recours à des sources d’énergie « alternatives » ne réduira pas les niveaux de pollution dans les quartiers pauvres et ouvriers. Les entreprises qui produisent de l’énergie, en revanche, s’en mettront plein les poches.
Toute tentative d’utiliser de façon rationnelle les ressources de la planète et d’éviter la dégradation à grande échelle de l’environnement se heurte nécessairement à l’anarchie de la production sous le capitalisme, un système qui repose sur la propriété privée des moyens de production (les usines, la technologie, la terre, etc.). Même si les usines individuellement peuvent être bien organisées, il n’y a pas de planification économique à l’échelle mondiale. Les décisions d’investissement, y compris pour la recherche et le développement, sont avant tout motivées par le profit.
Friedrich Engels, qui a fondé avec Karl Marx le socialisme moderne et scientifique, écrivait dans son essai inachevé de 1876 « Le rôle du travail dans la transformation du singe en homme » :
« Pourvu que individuellement le fabricant ou le négociant vende la marchandise produite ou achetée avec le petit profit d’usage, il est satisfait et ne se préoccupe pas de ce qu’il advient ensuite de la marchandise et de son acheteur. Il en va de même des effets naturels de ces actions. Les planteurs espagnols à Cuba qui incendièrent les forêts sur les pentes et trouvèrent dans la cendre assez d’engrais pour une génération d’arbres à café extrêmement rentables, que leur importait que, par la suite, les averses tropicales emportent la couche de terre superficielle désormais sans protection, ne laissant derrière elle que les rochers nus ? Vis-à-vis de la nature comme de la société, on ne considère principalement, dans le mode de production actuel, que le résultat le plus proche, le plus tangible. »
Pourquoi la question de l’environnement suscite-t-elle alors des inquiétudes de la part de nombreux porte-parole de la bourgeoisie ? D’abord parce qu’un capitaliste individuel va s’inquiéter s’il est démontré que la pollution industrielle affecte sa propre santé et pas seulement celle de ses esclaves salariés. Plus généralement, un nombre croissant de représentants politiques des capitalistes s’alarment face à la menace de perturbations économiques et sociales que fait peser le réchauffement climatique. Un article du New York Times (9 août 2009) intitulé « Le changement climatique considéré comme une menace pour la sécurité américaine » citait plusieurs experts militaires et spécialistes du renseignement qui évoquaient la possibilité, dans les prochaines décennies, « d’intervenir militairement pour faire face aux effets de tempêtes violentes, de sécheresses, de migrations de masse et d’épidémies ». Le Pentagone élabore déjà des plans pour sécuriser ses installations situées au niveau de la mer et fortifier les frontières pour empêcher l’entrée de réfugiés. Les discours du gouvernement sur la sauvegarde des intérêts américains sont une recette pour de nouvelles interventions impérialistes comme l’occupation d’Haïti, sous couvert de « porter secours aux victimes de la catastrophe » après le séisme de janvier 2010.
Ceux qui à gauche ne croient plus à une révolution socialiste prolétarienne n’ont plus rien d’autre à proposer que leurs propres scénarios catastrophe avec des stratégies réformistes impuissantes. Dans la New Left Review (janvier-février 2010), Mike Davis écarte la possibilité d’une « révolution mondiale », qualifiée de « scénario complètement irréaliste ». Il se résigne ainsi à accepter l’inévitabilité d’une catastrophe écologique imminente : « Au lieu de galvaniser l’innovation héroïque et la coopération internationale, les turbulences environnementales et socio-économiques croissantes risquent simplement de pousser encore plus les classes supérieures à se claquemurer frénétiquement pour s’isoler du reste de l’humanité […]. L’objectif serait de créer de vertes oasis de richesse permanente, entourées de murs, au milieu d’une planète dévastée. »
John Bellamy Foster, une vedette de l’« éco-socialisme », déploie tous ses efforts pour transformer Karl Marx en un proto-écologiste et pour vider le marxisme de son contenu révolutionnaire. Dans un article publié dans la Monthly Review (janvier 2010), il parle d’un « nouveau prolétariat environnemental » composé de petits paysans, d’habitants des bidonvilles sans travail et d’autres couches de la population du tiers-monde « directement exposées et qui seront les premières touchées par les catastrophes imminentes ». Ce « prolétariat » est présenté comme « le principal agent historique et l’initiateur d’une nouvelle ère de révolutions écologiques ». Cette notion prend clairement ses racines dans la « nouvelle gauche » des années 1960. Celle-ci rejetait l’idée que la classe ouvrière, dans les pays avancés comme dans le monde néocolonial, est la seule à pouvoir renverser l’ordre capitaliste et collectiviser les moyens de production. Après la disparition de la nouvelle gauche, de nombreux militants radicaux se sont réconciliés avec l’impérialisme et ont adhéré à l’une ou l’autre variante de la politique écologiste.
Il existe bel et bien un prolétariat dans les régions dont parle Bellamy : les mineurs de platine en Afrique du Sud, les ouvriers des chaînes de montage de l’industrie automobile en Inde et dans les usines aéronautiques au Brésil. Comme dans les pays capitalistes avancés, ce qui manque ce sont des partis ouvriers révolutionnaires, capables de mobiliser cette puissance sociale en se mettant à la tête des masses dépossédées des villes et des campagnes pour les mener vers une révolution socialiste.
http://www.icl-fi.org/francais/lebol/215/climat.html
submitted by ShaunaDorothy to FranceLeBolchevik [link] [comments]

Parking privé de Régie locatif Geneve

bonjour,
pardon je ne sais pas comment mettre la petite étiquette suisse a droite du titre du titre du sujet.
je vourais savoir si cet article est valide pour les parking privés locatifs gérés par les régies? ou est-ce que les régies définissent leur propre règles?
Art. 2 Définitions 1 Par case de stationnement, on entend une surface, généralement limitée par un marquage, destinée à recevoir un véhicule individuel léger, à savoir une voiture automobile de catégorie B (ci-après : voiture) ou un vélo. 2 Par parc de stationnement, on entend les surfaces ou constructions comprenant des groupes de cases délimitées ainsi que les surfaces nécessaires à la circulation et à la manœuvre. 3 Par ratio de stationnement pour les logements et les activités, on entend le rapport entre le nombre de places de stationnement à prévoir sur fonds privés et la surface brute de plancher réservée aux logements et aux activités économiques (ci-après : activités). 4 Par ratio de stationnement pour les clients des activités commerciales, on entend le rapport entre le nombre de places de stationnement à prévoir sur fonds privés et la surface nette de plancher réservée à la vente. 5 Par surface brute de plancher (SBP), on entend l'emprise au sol du bâtiment multipliée par le nombre d’étages habitables ou exploitables par des activités. 6 Par surface de vente, on entend la surface nette accessible à la clientèle. 7 Par cases clients, on entend les cases affectées aux clients des surfaces commerciales qui viennent en leur qualité de consommateurs, 8 Par cases visiteurs, on entend les cases affectées aux personnes qui viennent en leur qualité de partenaire commercial lié aux activités développées sur place.
car un camion vraiment gros et gênant est garé sur la place voisine, il rentre dans le marquage en largeur mais en longueur il dépasse de 1 mètre. ce qui rend la tache vraiment compliquée pour sortir; si un 4x4 se met sur le parking derrière je ne peux pas sortir c'est impossible!
j'ai déja appelé la régie mais ils me disent que ce camion a parfaitement le droit d'être la (ils ne veulent pas avoir a relouer la place) est ce que cet article de loi serait un argument valide?
merci pour les conseils.
submitted by n64_Core to france [link] [comments]

I have a presentation in school and i was wondering if anyone could quickly take a look at the text and correct it if needed

Transport en France
Bonjour. Aujourd'hui, je vais présenter le transport en France. Je vais vous expliquer ce type de transport en France. La France est très grande et le réseau de transport doit être très bon. Les Romains ont construit le premier réseau de transport. Le centre de ce réseau est Paris. La France a des routes, voies ferrées et des canaux. Transport en France repose sur l'un des réseaux les plus denses du monde avec 146 km de route et 6,2 km de lignes ferroviaires pour 100 km2. Il ya un total de 31,939 kilomètres (19 846 mi) de chemin de fer en France, pour la plupart opérés par la SNCF, la compagnie ferroviaire nationale française. Mais, le système ferroviaire est une petite partie du total des déplacements, ce qui représente moins de 10% du transport de passagers. Avant de l'année 1981, un nouveau-construit un ensemble de grande vitesse LGV (Lignes à Grande Vitesse) Qui lient les zones les plus peuplées de la France avec la capitale, à commencer par Paris-Lyon. En 1994, le tunnel sous la Manche a ouvert, reliant la France et la Grande-Bretagne par le rail sous la Manche. Le TGV a mis de nombreux records mondiaux de vitesse, la plus récente, le 3 Avril 2007, quand une nouvelle version de la V150 TGV a battu le record du monde de vitesse pour les trains de transport ferroviaire conventionnel, pour atteindre 574,8 kmh (357.2 mph). La France a également les fabricants de voiture, bateau, train et d'avion
RENAULT Renault est un constructeur automobile français. Ses produits sont:voitures, de fourgonnettes, et dans le passé, camions, tracteurs, camions, chars, et aussi des bus. Son alliance avec Nissan qui rend les voitures les plus réussies au quatrième rang des entreprises. Voitures les plus réussies de l'entreprise sont la Renault Clio et la Mégane, et son marché principal est l'Europe. La société est connue pour son rôle dans le sport automobile, et son succès au fil des ans en rallye et la Formule 1. Le gouvernement français détient une participation de 15 pour cent de Renault.
CITROEN Citroën est un constructeur automobile français majeur, qui fait partie du groupe PSA Peugeot Citroën. Fondée en 1919 par l'industriel français André-Citroën Gustave, Citroën était le premier constructeur automobile de production de masse à l'extérieur des États-Unis. En huit ans Citroën était devenu fabricant d'Europe le plus grand et le plus grand voiture quatriemème dans le monde. La Tour Eiffel a servi comme un panneau publicitaire pour Citroën de 1925 à 1934. La marque a célébré son 90e anniversaire en 2009.
PEUGEOT Peugeot est une marque de voiture française majeure, qui fait partie de PSA Peugeot Citroën, le deuxième constructeur automobile basé en Europe. Société Peugeot a été fondée en 1810. Le 20 Novembre 1858, Emile Peugeot appliquée pour la marque du lion. La société a Son premier produit en 1891 À cause de la discor familiale, Armand Peugeot A fondé en 1896 la Société des Automobiles Peugeot. La société Peugeot et sa famille est originaire de Sochaux, France.
AIRBUS Airbus SAS est une filiale de fabrication des avions d'EADS, une société aérospatiale européenne. Basée à Blagnac, France, dans la banlieue de Toulouse, et avec une activité importante à travers l'Europe, la société produit plus de la moitié des avions de ligne du monde. Airbus emploie environ 52.000 personnes à seize sites dans quatre pays de l'Union européenne: France, Allemagne, le Royaume-Uni et en Espagne. L'assemblage final de production est à Toulouse (France), Hambourg (Allemagne), Séville (Espagne) et, depuis 2009, Tianjin (République populaire de Chine). [6] Airbus possède des filiales aux États-Unis, le Japon, la Chine et l'Inde. La société produit et commercialise le premier commercialement viable fly-by-wire avion, l'Airbus A320, et le plus grand avion du monde, l'A380
L’aeroports Paris-Charles de Gaulle, également connu comme Roissy, en région parisienne, est l'un des centres mondiaux de l'aviation principaux, ainsi que le plus grand aéroport de France. Il est nommé d'après Charles de Gaulle, chef des Forces françaises libres et fondateur de la Cinquième République française. Il est situé à l'intérieur des parties de plusieurs communes, à 25 km au nord-est de Paris. L'aéroport sert de plaque tournante principale pour Air France.
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